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Environnement : l’Allemagne renonce à taxer ses centrales à charbon

Du 30 novembre au 11 décembre 2015 se tiendra à Paris la 21ème Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, la « COP21 – Paris 2015 », dont les pays participants se rencontrent une fois par an depuis 1995.

L’objectif est d’aboutir à un nouvel accord international juridiquement contraignant visant à contenir le réchauffement climatique à l’horizon 2050 en deçà d’une élévation de température de 2°C, destiné à entrer en vigueur au plus tard en 2020.

A ce jour, le protocole de Kyoto est le seul instrument international juridiquement contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Signé en 1997 lors de la 3e Conférence des Parties de Kyoto (COP3), il est entré en vigueur en 2005 après avoir été ratifié par 55 pays représentant au moins 55 % des émissions mondiales en 1990.

Ce protocole visait à réduire, entre 2008 et 2012, d’au moins 5 % par rapport au niveau de 1990 les émissions de six gaz à effet de serre : dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote et trois substituts des chlorofluorocarbones. La moyenne de réduction pour l’ensemble de ces pays était de 5,2 % entre 1990 et cette première période d’engagement.

Un amendement adopté à Doha en 2012 acte la poursuite de cet instrument juridiquement contraignant pour la période 2013-2020, période de transition vers le futur accord mondial qui devrait être adopté en 2015 lors de la COP21. L’objectif pour chaque État membre de l’Union européenne est celui d’une réduction de 20 % des émissions de GES.

Aussi, pour réduire ses émissions de GES, l’Allemagne vient d’annoncer ce 2 juillet, la mise en veille d’ici à 2020 d’une partie de ses centrales électriques brûlant au charbon. Cela devrait concerner cinq centrales, soit 13% du parc de centrales à charbon. Toutes les centrales fonctionnant au charbon ne sont donc pas concernées, loin de là ! Environ 40 % de l’électricité allemande est produite grâce à cette méthode.

Avec cette mesure, l’Allemagne espère parvenir à réduire ses émissions de CO2 de 40% d’ici à 2020, et ainsi remplir ses engagements (Source : « Missions allemandes en France »). La mise en veille des centrales devrait permettre de réaliser la moitié des efforts nécessaires à la réalisation de cet objectif.

C’est surtout un premier pas vers un mouvement de décarbonisation, peut-être trop modeste, mais qui renverse la tendance. Depuis la sortie du nucléaire en 2011, l’arrêt des centrales nucléaires a en effet été compensé par une consommation accrue de charbon. Le charbon et la lignite, dont l’Allemagne regorge, demeurent la première source d’énergie.

D’autant que selon une étude de l’association de défense de l’environnement WWF, quatre des cinq centrales thermiques à charbon les plus polluantes de l’Union européenne seraient situées en Allemagne.

Contrairement à ce que demandait Sigmar Gabriel, le vice-chancelier social-démocrate en charge de la transition énergétique, l’idée d’une taxe (Klimaabgabe) imposée aux anciennes centrales à charbon très polluantes a été abandonnée. Au contraire, les énergéticiens (dont l’allemand RWE et le suédois Vatenfall) concernés par cette mesure de mise en veille seront indemnisés. Et ce dédommagement des opérateurs risque de coûter très cher : certains évoquent le chiffre annuel de 800 millions d’euros !

Il faut espérer que le développement à marche forcée des énergies renouvelables et du réseau de distribution correspondant permettront bientôt de mettre en œuvre la transition verte vers une Allemagne « championne environnementale ».

La question qui se pose par contre est celle de l’avenir des métiers et des emplois liés à l’exploitation du charbon, un secteur qui emploie au moins 30.000 ouvriers !

NSI

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